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Publié le : 29/08/2025
Mis à jour le : 01/09/2025
L’objet média n’est pas gadget quand il est utile
Interview de Cécile Fougerouse, présidente de la 2FPCO, la fédération de l’Objet média.
Après l’ère du tout digital, les communicants rééquilibrent et diversifient les médias pour toucher autrement, un plus large public. Est-ce l’heure du grand retour de l’objet média ?
Oui, clairement. Après l’ère du tout digital, saturée d’écrans et de messages, on revient au tangible, à l’authenticité. C’est le même phénomène que le retour des apéros conviviaux après le Covid.
L’objet média répond à ce besoin : c’est un média physique, humain, durable. Il touche différemment, crée du lien, suscite l’émotion … bref il laisse une trace. Offert, pas imposé, il prolonge une expérience — salon, campagne, événement — et reste dans le quotidien.
Les gobelets réutilisables de festivals en sont un bon exemple : de véritables objets culte, qui deviennent collectors des années après un évènement.
Pourquoi utiliser l’objet comme un média n’est pas nouveau, mais c’est toujours aussi efficace ?
C’est aujourd’hui le 2ᵉ média préféré des jeunes Français, après le digital. Contrairement à une pub qu’on zappe, un objet se garde. Les études* montrent que 81 % des objets sont utilisés, 79 % conservés après un événement, 73 % plus de 3 ans pour les textiles. Et surtout 78 % des personnes retiennent la marque (jusqu’à 86 % si l’objet est remis en main propre.)
Un mug distribué lors d’une formation est exposé en moyenne 1 200 fois par an. Un sac cabas en coton bio bien conçu et beau devient un support de marque quotidien dans les commerces. C’est une communication utile, visible, durable et l’une des rare qui passe de mains en mains.
*Pour aller plus loin je vous invite à prendre connaissance des études du chercheur Florian Escoubes sur l’impact de l’objet media et sur sa reprise de la théorie du don et du contre don développée par Marcel Mauss « Essai sur le don » qui date de 1925.
Que doivent proposer les professionnels de l’objet pour redonner à ce média la place qu’il mérite dans les stratégies de communication ?
Trois mots : créativité, qualité, responsabilité. L’objet média n’est plus un goodies générique, la nouveauté à la mode. Il doit répondre à un besoin réel, être beau, utile, bien conçu, traçable, et s’inscrire dans une démarche RSE. Il doit raconter une histoire, expliquer son origine et son sens. C’est ce récit qui augmente son impact émotionnel et sa durée d’usage.
Je suis convaincue qu’en recherchant cette transparence les professionnels vont s’emparer de l’histoire de l’objet et pourrons la transmettre pour augmenter sa puissance de communication.
Quel est le cliché ou l’idée reçues qu’il faut absolument tuer sur l’objet média ?
Que l’objet média ne serait pas RSE. C’est l’un des rares supports de communication qui peut être vraiment durable. Il se garde, s’utilise, parfois à la place d’un achat devenu inaccessible. Il crée du lien, il est transmis, il porte du sens.
On entend souvent que le goodies n’a plus sa place dans les événements. Quitte à choquer, je considère que c’est une solution de facilité. L’objet média est visible, donc facile à supprimer pour répondre aux pressions. Mais il représente entre 1 et 2 % de l’impact carbone d’un événement, contre 50 à 70 % pour les transports et jusqu’à 20 % pour l’énergie. Le supprimer n’a que peu d’effet réel. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas travailler pour qu’il soit bien pensé utile et responsable. Dans ce cas il devis la trace durable de l’évènement.
Je vous invite pour en savoir plus à lire le guide des objets médias sur les évènements co-écrit par des experts métiers et co-signé par l’UNIMEV.
En arrivant à la présidence de la 2FCPO, quel est ou quels sont les objectifs que vous vous fixez ?
Mon objectif, c’est de faire entendre la voix de toute une filière, forte de 16 000 professionnels engagés. Nous sommes fabricants, importateurs, marqueurs, distributeurs, agences… unis autour d’un objectif : faire de l’objet média un levier de communication utile, durable et stratégique.
Je veux défendre ce modèle face aux clichés simplistes, valoriser l’impact positif de notre secteur, accompagner la montée en exigence, en transparence et en qualité.
L’objet média est un point de contact humain puissant. Il mérite d’être pensé, choisi, raconté… et assumé avec fierté.
Nous ne ferons pas cela seuls. Dans la continuité du travail d’Antony Villeger, notre président sortant, et de tous les présidents, qui ont porté haut les couleurs de notre métier, nous avançons avec des partenaires solides : UNIMEV, l’Union des marques, la CGF… L’année dernière, nous avons fait reconnaître l’objet média dans la « filière de la communication ». Et aujourd’hui qui a même trouvé sa place dans la dernière édition du Communicator !
Pour en savoir plus : https://objet-media.fr – http://www.2fpco.com


