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Transformation

Publié le : 07/04/2026

Mis à jour le : 04/05/2026

L’entre-soi tue la communication. Et personne n’en parle …

Les communicants s’imaginent ouverts, créatifs, attentifs, capables de décrypter les transformations sociales et d’accompagner les organisations face à des publics de plus en plus divers. Dans la réalité des recrutements en ce domaine, l’entre-soi reste pourtant la norme.

Les profils qui circulent sont souvent les mêmes : mêmes écoles, mêmes formations, mêmes réseaux. Ceux qui possèdent ces codes avancent vite. Les autres doivent faire chaque jour un peu plus leurs preuves.

Ces critères ne sont presque jamais avoués, pourtant ils existent. Ne pas avoir fréquenté la “bonne” école, ne pas appartenir aux réseaux attendus, venir d’un milieu populaire, avoir grandi loin des grandes métropoles, avoir suivi une formation jugée moins prestigieuse ou présenter un parcours “atypique” : autant d’éléments qui pèsent, silencieusement mais lourdement dans une décision de recrutement.

Le réseau joue un rôle déterminant. Une recommandation, un ancien camarade d’école, une connaissance commune crée instantanément de la confiance. Dans un secteur où les opportunités circulent beaucoup par relations, tout le monde ne part pas avec le même avantage.

Le diplôme fonctionne lui aussi comme un raccourci. Il simplifie le tri et rassure les recruteurs. Mais il écarte mécaniquement des profils compétents venus d’autres secteurs, d’autres territoires ou de structures moins visibles. La compétence passe parfois après le pedigree.

À ce biais s’ajoute souvent celui du secteur d’origine. Beaucoup de communicants se retrouvent enfermés dans leur dernière expérience. On cherche ici un spécialiste de l’enseignement supérieur, là de la santé, là encore du luxe ou de la tech. Qui n’affiche pas “une connaissance du secteur xxx serait un plus”, ou “une expérience de 2 ans dans le domaine de xxx serait appréciée”.

Pourtant, la valeur d’un professionnel réside dans sa maîtrise des méthodes, sa capacité à concevoir des stratégies, son adaptabilité et donc sa capacité à appréhender un nouvel environnement. Cela ne le transforme pas pour autant en “couteau-suisse” mais réduire un communicant à une seule expérience revient à sous-estimer sa capacité d’adaptation, louée pourtant par ailleurs.

Cette homogénéité a un coût. Un métier censé comprendre des publics variés recrute dans un périmètre social étroit. Les équipes partagent souvent les mêmes références, les mêmes trajectoires, les mêmes angles de lecture. À la longue, la créativité devient limitée et les points de vue se ressemblent.

La diversité ne se résume pas à ce qui se voit. Elle inclut l’origine sociale, les territoires, les parcours non linéaires, les reconversions, les expériences hors des circuits “classiques”. Elle inclut celles et ceux qui n’ont pas appris les codes dès le départ et qui savent parfois mieux les questionner.

Ouvrir la profession c’est reconnaître la valeur du talent là où il se trouve : élargir les viviers, considérer les compétences avant le diplôme, valoriser les parcours atypiques, écouter ce que les personnes ont appris de leurs expériences passées. C’est loin d’être symbolique. La communication s’exerce partout, petites structures, associations, collectivités, grandes organisations…

Les compétences développées dans tous ces environnements sont précieuses, elles n’ont pas à être classées par ordre d’importance. Elles dépendent simplement du contexte dans lequel elles ont été acquises.

À l’heure où les organisations cherchent à dialoguer avec des publics de plus en plus divers, continuer à recruter dans un cercle social étroit pose question. À recruter les mêmes profils, la communication finira par regarder la société à travers un prisme de plus en plus réduit.

Pour continuer à la comprendre, elle devrait pourtant revenir à son ADN : lorsque l’on se dit expert de la communication, avoir le goût des autres, avec sincérité, s’intéresser vraiment à ce qui se passe hors de soi c’est redonner ses lettres de noblesse à un métier qui n’aurait jamais dû les perdre.

Aujourd’hui, il existe La Dircomie, un collectif des communicants audacieux porté par 4 valeurs : entraide, audace, franc-parler et humour.

Écrit par :

Juliette Rogé et Nadia Bahhar-Alves

Paroles de dircoms

Être directeur ou directrice de la communication est avant tout un métier de l’ombre. C’est peut-être la raison pour laquelle ces professionnels prennent peu la parole. Celle-ci est pourtant utile pour partager des convictions, des expériences, des expertises… voire indispensable, pour mieux expliquer à celles et ceux qui ne connaissent pas les missions et responsabilités de la communication, ou faire comprendre à d’autres qui en douteraient, que la com est un métier.