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écrit Par :

StratégieÉditorial

Publié le : 10/03/2026

Mis à jour le : 05/03/2026

Les communiqués de presse sont envoyés à des journalistes : à des humains, pas à des IA

Les communiqués de presse sont envoyés à des journalistes. On parle à des humains, pas à des intelligences artificielles. Derrière tous les enjeux d’IA, de RP et de GEO, j’observe qu’il y a une légitime question qui se pose sur le pour "qui” les CP sont produits, et dans quel but.

C’est vrai, certes. M’enfin, ça fait bien longtemps qu’un communiqué n’existe plus seulement dans une boîte mail.

Il peut être :
◉ publié dans une newsroom
◉ repris partiellement par un média, voir publié dans son intégralité
◉ indexé sur un site corporate
◉ agrégé par des bases médias
◉ archivé dans des outils de veille

Tout ça en plus du fait que le journaliste se servira de votre matériel presse pour son article.
(Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les journalistes ne font bien entendu pas de bêtes copiés-collés).

Donc, même si vous écrivez pour des humains, votre CP finira par être crawlé par des moteurs. Il pourra être intégré dans des corpus d’entraînement. Il pourra être utilisé par des LLM.

Pour toutes ces raisons, ils doivent aussi être structurés pour ça.
Il ne s’agit pas de faire ça en remplacement, il s’agit de faire ça « en plus ».

Concrêtement ça change quoi ?

Il y a évidemment plusieurs aspects en fonction de la finalité (si on part de l’optique d’un CP publié en ligne sur une newsroom par exemple, il y a un sujet structure HTML, métadonnées etc…).

Mais d’une manière générale et sur le rédactionnel pur, si les titres sont habituellement pensés comme pouvant être repris tels quels, on s’évertuera à des intitulés factuels citant vos entités clés.

En plus du chapô narratif, un bloc très structuré en mode “TL;DR” (too long ; didn’t read) avec des bullets points reprenant les faits bruts et des données.

Les structures rédactionnelles “classiques” (pyramide inversée, etc.) sont moins compréhensibles pour les IA qui privilégient des blocs logiques balisés.

On prêtera attention à la précision. Par exemple, on évitera de dire “la marque a annoncé ce lundi…” mais “la marque a annoncé lundi 02 mars 2025”. “Depuis son siège” deviendra “depuis son siège social à Paris, France”. Tout comme pour les chiffres, où il est recommandé de dire “95% des personnes…” plutôt que “9 personnes sur 10…”.

Autre point essentiel : l’ancrage des entités. On a tendance à utiliser des pronoms ou des expressions imagées pour éviter les répétitions (”elle” pour parler de la marque ou de la solution…). En supprimant ces ambiguités sémantiques, on évite que les LLM perdent le lien quand ils découpent les textes en « chunks ».

Bref, on voit qu’il y a un exercice d’équilibriste certain à faire pour rester lisible des journalistes et des IA, pour donner aux deux l’envie de lire. Mais je suis certain que cette recherche de clarté et hiérarchisation est au final bénéfique aussi pour les journalistes.

C’est peut-être à certains clients ou certaines directions au final que ça fera le plus drôle !

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Écrit par :

Jérémy Bouffier

Paroles de dircoms

Être directeur ou directrice de la communication est avant tout un métier de l’ombre. C’est peut-être la raison pour laquelle ces professionnels prennent peu la parole. Celle-ci est pourtant utile pour partager des convictions, des expériences, des expertises… voire indispensable, pour mieux expliquer à celles et ceux qui ne connaissent pas les missions et responsabilités de la communication, ou faire comprendre à d’autres qui en douteraient, que la com est un métier.